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28.02.2008

Euthanasie : un procès au coeur du débat en Allemagne

Allemagne: ouverture du procès d'un médecin accusé de la mort de huit patients

HANOVRE, Allemagne (AP) -- Le procès d'une femme médecin allemande accusée d'avoir tué huit malades du cancer avec des surdoses de morphine s'est ouvert jeudi à Hanovre.

Mechthild Bach, 58 ans, est accusée d'avoir administré des doses illicites à des patients entre 2002 et 2003. Elle a refusé de s'exprimer à l'ouverture de l'audience, mais avait nié les faits dans une interview accordée précédemment à un journal.

Plusieurs de ses anciens patients ont manifesté devant le tribunal, demandant que les charges contre le médecin soient levées.

Mme Bach avait été privée de sa licence l'autorisant à exercer la médecine en 2004 après l'ouverture d'une enquête sur la mort de 76 de ses patients. Elle avait exercé pendant 20 ans à la clinique Paracelsus près d'Hanovre. AP

 (Info relayée par Free) 

 

Ce procès réamorce le débat à propos de l'euthanasie active.
En France, aujourd'hui, seule l'euthanasie passive est autorisée.  L'euthanasie passive est définie comme l'arrêt des traitements de réanimation, ou celui du traitement de la maladie fatale, à partir du moment où l'on est convaincu que le cas est désespéré - afin d'éviter notamment l'acharnement thérapeutique. Seuls les soins palliatifs sont alors administrés au patient en fin de vie, afin de lui éviter un maximum de souffrance. L'euthanasie active suppose quant à elle le geste d'un tiers qui administre à un mourant une substance létale - qui induit la mort - ou la lui fournit ou encore le tue par tous moyens.

C'est donc bien d'euthanasie active dont est suspectée le Dr Bach. Sans parler du cas spécifique de cette affaire (et ce d'autant plus que le verdict n'est pas tombé - ne doutons pas d'ailleurs qu'un enchainement de recours en appel va suivre), nous pouvons nous demander si cet acte pourrait être légitime, et surtout au nom de quoi il le serait.

En vertu du consentement libre et éclairé du patient ? Ce prérecquis obligatoire me semble plus que naïf. Comment une personne troublée par la maladie peut-elle émettre un consentement parfaitement libre et éclairé, au sens le plus juridique du terme ? Les contestations pourraient être sans fin.

Au nom d'une immuable volonté du patient ? C'est un contre-sens. La volonté est par essence changeante. Ne voit-on pas d'ailleurs un nombre croissant d'australiens et australiennes, qui alors qu'ils avaient signé un bizarrement nommé "contrat de vie" censé orchestrer les modalités de leur fin de vie par euthanasie active, dire à leur médecin, suite à leur réveil à l'issu d'un coma, "j'espère que vous n'avez pas trouvé mon contrat de vie".

Et une euthanasie active administrée par qui ? Un médecin ? C'est contraire à son devoir de soigner. Ou celui-là même qui parfois reconnaitra plus tard qu'il regrette son geste, pour des raisons médicales ou éthiques ? Un proche parent ? Celui-la même qui pourrait en tirer quelques bénéfices financiers ? 

Le nombre d'incertitudes et de flous - autant de portes ouvertes à des contestations en tout genre auprès de tribunaux, à des dérapages incontrôlés et des morts dûes à une volonté éphémère - me semble trop grand pour instituer un droit de donner la mort. L'euthanasie passive apparait être le compromis parfait entre le droit à disposer de son corps dont le patient fait l'objet et la rationnalité judiciaire, sans même parler d'une éventuelle éthique ou morale.

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