Page d'accueil | 2008-03 »

29.02.2008

OGM : Pétition internationale pour un référendum (CRI-GEN)

Vous pouvez la télécharger et la retourner par mail : http://www.criigen.org/index.php?option=com_content&t... 

 

Pétition internationale pour un référendum

 

Le maïs-insecticide transgénique dit "Bt" est le premier OGM (Organisme Génétiquement Modifié) autorisé à la culture commerciale en France. Il entre dans la chaîne alimentaire.

Mal fait, avec un gène de résistance à la famille des pénicillines, et d'autres séquences artificielles d'ADN indésirables,

Mal évalué, sans test sérieux de toxicologie avec des mammifères, ce qui est honteux,

Mal étiqueté, les importations venant souvent mélangées aux cultures conventionnelles, et sans homologation des méthodes de dosage,

LE CRII-GEN ESTIME QUE SON AUTORISATION EST UN VIOL DE LA DEMOCRATIE.

LA DIFFUSION RAPIDE DES OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) DANS L'ENVIRONNEMENT EST LA PLUS GRANDE TRANSFORMATION DE LA VIE DEPUIS LES DEBUTS DE L'HUMANITE. ILS PERMETTENT AUSSI DE METTRE LES ESPECES VIVANTES SOUS BREVETS. LE CRII-GEN DEMANDE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET AU GOUVERNEMENT UN REFERENDUM NATIONAL SUR LES OGM, ET RECLAME A L'EUROPE UN REFERENDUM SUR LA CULTURE COMMERCIALE ET LA CONSOMMATION ANIMALE ET HUMAINE D'OGM ET DE LEURS PRODUITS DERIVES.

Nous, citoyens, signataires de la présente pétition, réclamons le droit de pouvoir nous exprimer démocratiquement sur la commercialisation et la mise en semence industrielle des O.G.M., suffisamment échaudés par des prétendus progrès technologiques qui ont fait de nous des cobayes et victimes potentiels, nous refusons désormais que nous soient imposés sans aucun avantage collectif des choix générateurs de mutations génétiques incontrôlées qui nous engagent sur une voie irréversible pour nous-mêmes et nos enfants.

Pour signer cette pétition, envoyez votre adresse et accord à criigen@unicaen.fr ou à CRII-GEN, 40 rue de Monceau, 75008 Paris, FRANCE

objet : Pétition internationale pour un référendum

Je suis signataire de cette pétition :

Nom :                   Prénom :

Adresse :

Code postal :            Commune :

 

OGM : comment et avec quels risques ?


Quelques infos sur les techniques de création d'OGM les plus couramment employées et les risques inhérents

 

- L'élément transféré :

81644016.JPG

- Méthode directe :

La biolistique, ou balistique biologique, est la méthode la plus courante. Elle consiste à propulser le transgène dans les cellules végétales.

On utilise des microbilles de métal enrobées d’ADN (billes d’or ou de tungstène de un micron). Elles sont projetées à grande vitesse sur les cellules à transformer afin de traverser leur paroi. Ces billes seront progressivement freinées en traversant les différentes couches cellulaires. Quelques-unes des cellules atteintes vont alors insérer spontanément les transgènes dans leur génome. Mais le noyau de la cellule intègre l'ADN de façon aléatoire. Il faudra environ quinze jours pour s'assurer que les nouveaux gènes introduit se sont bien intégrés au génome.

Cette méthode est très prometteuse, car elle permet de façon simple et rapide d'injecter de l'ADN dans une grande quantité de cellules sans passer par une phase protoplasmique, encore très mal maîtrisée chez certaines espèces. De plus, cette injection peut être réalisée sur un tissu non désolidarisé de l'organe d'origine.

- Méthode indirecte :

La méthode de la transfection biologique utilise les propriétés des bactéries.

 Première étape :

Tout d’abord, on introduit le gène d’intérêt dans un plasmide. Pour cela, on utilise différentes enzymes, notamment une enzyme de restriction et la ligase. On obtient donc un plasmide génétiquement modifié comprenant le gène d’intérêt.

1697696731.JPG

Deuxième étape :

Dans un second temps, ce plasmide est transféré dans une bactérie, généralement de l’espèce Escherichia coli (E. coli). On cultive les colonies de E. coli transformées pour préparer le plasmide vecteur.

Troisième étape :

L’étape suivante a pour but de sélectionner les bactéries E. coli qui ont été transformées. Les bactéries ayant intégré le plasmide possèdent maintenant le gène d’intérêt, mais également un gène de résistance à un antibiotique particulier. Les bactéries sont donc placées dans un milieu de culture qui contient cet antibiotique. Les bactéries transformées génétiquement seront les seules à se développer dans ce milieu, c’est ainsi qu’elles sont sélectionnées.

 Quatrième étape :

On intègre alors le plasmide transformé dans une plante à l’aide d’une autre bactérie : Agrobacterium tumefaciens (A. tumefaciens), qui possède la capacité à introduire des fragments précis de son ADN dans le génome des plantes. Le plasmide est transféré de E. coli à A. tumefaciens par choc thermique ou par conjugaison (voir schéma ci-dessous).

 579907851.JPG

Cinquième étape :

Enfin, on place dans un milieu de culture commun des bactéries A. tumefaciens et un fragment de tissu végétal (un morceau de feuille ou de tige par exemple). Grâce aux propriétés de la bactérie, la partie du plasmide qui contient le gène d’intérêt est transférée dans le noyau de la cellule végétale qui l’intègre alors dans son génome.

La dernière étape est alors la régénération de plantes entières à partir de ces cellules.

Malheureusement, cette méthode plus « naturelle » ne fonctionne que chez certaines espèces (tabac, colza, tomate, pomme de terre melon et tournesol).

 

535861435.JPG

 

 - Les risques :

 

En effet, les OGM peuvent induire différentes maladies qui peuvent toucher aussi bien les animaux que l’environnement dans lequel il évolue.

 

1-  Les OGM et la santé

 Les allergies :        

Tout OGM est potentiellement allergisant car il n'est pas reconnu par l'organisme qui le reçoit, que ce soit par voie digestive ou par voie aérienne. Les expériences ont montré le pouvoir allergisant du « soja à la noix » : la noix de Brésil est un aliment reconnu pour provoquer des allergies chez certains individus. Par conséquent, on a dû soumettre le soja OGM qui a été créé à partir d’un des gènes de la noix à une multitude de tests pour vérifier si la protéine produite par ce gène avait conservé son pouvoir allergène. Pour le savoir, les chercheurs ont mis en contact la dite protéine avec du sérum de patients connus pour être allergiques. On observa une réaction immunitaire immédiate. Pour cette raison, ce nouveau soja n’a pas été commercialisé, même s’il avait été développé pour l’alimentation animale mais qu'en sera-t-il pour les fraises, tomates, et autres bananes transgéniques ?

 Les intoxications : 

Aucune preuve expérimentale n'a permis d'éliminer les risques potentiels des molécules insecticides fabriquées par les plantes transgéniques. Ces substances peuvent être toxiques pour le foie, les reins, le cerveau. De même les aliments fabriqués à partir des végétaux qui tolèrent les herbicides peuvent devenir toxiques en raison de leur forte teneur en poisons. Ces derniers peuvent aussi se retrouver dans toute la chaîne alimentaire (lait, viande) jusqu’à des doses maximales autorisées.

 Les maladies auto-immunes :

Certaines maladies auto-immunes sont secondaires à l'apparition de complexes immuns circulants formés de substances étrangères fixant des anticorps spécifiques développés contre ces substances extérieures. Les nouveaux aliments OGM, leurs virus, ne peuvent-ils pas passer la barrière digestive et ne peuvent-ils pas créer des phénomènes identiques? S'il n'en est pas ainsi pour les aliments habituels que l’Homme a connus peu à peu dans son évolution millénaire, c'est parce que nous avons appris à créer des enzymes adaptées à les disséquer dans notre tube digestif avec l'aide du pancréas notamment. Ces enzymes ont été acquises peu à peu, au cours de l'évolution, et notre corps sait les fabriquer, au jour le jour, en fonction des aliments ingérés. Encore faut-il que l'organisme ait eu un jour connaissance de ces aliments. Il est donc fort probable que le corps mette un certain temps avant d'apprendre à dégrader les brins d'ADN manipulés. Ce qui renforce conséquemment les risques de pénétration digestive, d'allergies et de maladies auto-immunes.

 Les résistances aux antibiotiques :         

Comme nous l’avons vu précédemment, les chercheurs intègrent souvent un gène de résistance à un antibiotique en même temps que le transgène à la cellule qu’ils veulent modifier.

 

2 - Les OGM et l'environnement :

 Les mutations génétiques :

Les plantes génétiquement modifiées pour s'auto protéger contre un insecte, par exemple, pourraient susciter l'apparition d'insectes résistants à ces plantes transgéniques, à la suite d'une mutation génétique « naturelle » chez ces derniers.

Il existe des indices de probabilité de réalisation de ce risque, qui ne découlent pourtant pas des plantes génétiquement modifiées, mais bien des méthodes utilisées classiquement en agriculture. En effet, une toxine produite par la bactérie Bacillus thuringiensis, est utilisée dans différents pays, dont la France, notamment en agriculture biologique, sous forme de bio-pesticide (mélange de bactéries pulvériséés). Il y a donc de nombreuses toxines dans cette pulvérisation. On en connaît actuellement plus de 250.

Le bacille Thuringiensis est une bactérie à tiges génératrices de spores. Pendant la production de spores, des corps cristallins sont formés. Le bacille a une structure en cristal comme le triangle à gauche sur cette image. Les cristaux se dissolvent dans l'intestin de l'insecte affecté et paralysent les cellules épithéliales. L'insecte cesse alors de manger et meurt par la suite pendant que le bacille développe des spores et se reproduit dans le sang de celui-ci. Ce bacille affecte plus de 150 insectes.

Or, dans certains pays (Malaisie, Japon, Hawaï), son application répétée, sous forme de pesticide, a entraîné la sélection de populations d’insectes ravageurs capables de résister à l'action de ce produit.

Les effets non désirés :

Les Plantes Génétiquement Modifiées (PGM) en vue de leur donner une résistance naturelle à un insecte peuvent affecter des insectes non visés par la modification de la plante. C'est le cas par exemple pour les abeilles et le monarque qui, bien que non indésirables, sont éliminés par certaines plantes génétiquement modifiées.

En effet, il a été mené en 1999 une expérience sur le monarque, papillon d'Amérique du Nord réputé pour sa beauté. Des chenilles de ce papillon ont été nourries avec des feuilles artificiellement recouvertes de pollen d'une variété de maïs génétiquement modifié par l'introduction d'un gène commandant la production d'un insecticide contre la Pyrale. Ces chenilles ont connu une croissance plus lente et une mortalité plus élevée que d'autres nourries de feuilles recouvertes de pollen de maïs classique. L'expérience a donc démontré le « danger » encouru par le papillon.

Celles s’étant nourries avec le maïs transgénique présentent une paralysie du système digestif, cessent de s'alimenter et meurent rapidement.

 L'éventuel impact sur les insectes « non cibles » :

Des insectes utiles comme les abeilles, risquent d'être affectés par le développement des plantes transgéniques. On parle alors d'effet sur les insectes «  non cibles », c'est-à-dire sur ceux qui ne sont pas visés par la modification génétique, mais sur qui la plante transgénique pourrait néanmoins influer le changement de métabolisme de la plante. Des études portant sur des colzas résistants à un herbicide sont menées à l'Institut Nationale de la Recherche Agronomique (INRA) depuis 1990 et n'ont pas permis de mettre en évidence, pour l'instant, des effets sur la mortalité des abeilles, ni sur leur comportement de butinage. Toutefois, même s'il n'est pas encore apparu clairement, surtout en comparaison avec les effets actuels des insecticides, ce risque ne peut être écarté.

Il est donc nécessaire de procéder à l'analyse des sécrétions des plantes transgéniques mellifères (par exemple le colza), ainsi qu’à l'évaluation de l'incidence d'une exposition à des plantes transgéniques. C'est un éventuel bouleversement de tout l'équilibre des écosystèmes et de la biodiversité qui est en jeu...

 

Les OGM.... un peu trop de problèmes à mon sens...

28.02.2008

Euthanasie : un procès au coeur du débat en Allemagne

Allemagne: ouverture du procès d'un médecin accusé de la mort de huit patients

HANOVRE, Allemagne (AP) -- Le procès d'une femme médecin allemande accusée d'avoir tué huit malades du cancer avec des surdoses de morphine s'est ouvert jeudi à Hanovre.

Mechthild Bach, 58 ans, est accusée d'avoir administré des doses illicites à des patients entre 2002 et 2003. Elle a refusé de s'exprimer à l'ouverture de l'audience, mais avait nié les faits dans une interview accordée précédemment à un journal.

Plusieurs de ses anciens patients ont manifesté devant le tribunal, demandant que les charges contre le médecin soient levées.

Mme Bach avait été privée de sa licence l'autorisant à exercer la médecine en 2004 après l'ouverture d'une enquête sur la mort de 76 de ses patients. Elle avait exercé pendant 20 ans à la clinique Paracelsus près d'Hanovre. AP

 (Info relayée par Free) 

 

Ce procès réamorce le débat à propos de l'euthanasie active.
En France, aujourd'hui, seule l'euthanasie passive est autorisée.  L'euthanasie passive est définie comme l'arrêt des traitements de réanimation, ou celui du traitement de la maladie fatale, à partir du moment où l'on est convaincu que le cas est désespéré - afin d'éviter notamment l'acharnement thérapeutique. Seuls les soins palliatifs sont alors administrés au patient en fin de vie, afin de lui éviter un maximum de souffrance. L'euthanasie active suppose quant à elle le geste d'un tiers qui administre à un mourant une substance létale - qui induit la mort - ou la lui fournit ou encore le tue par tous moyens.

C'est donc bien d'euthanasie active dont est suspectée le Dr Bach. Sans parler du cas spécifique de cette affaire (et ce d'autant plus que le verdict n'est pas tombé - ne doutons pas d'ailleurs qu'un enchainement de recours en appel va suivre), nous pouvons nous demander si cet acte pourrait être légitime, et surtout au nom de quoi il le serait.

En vertu du consentement libre et éclairé du patient ? Ce prérecquis obligatoire me semble plus que naïf. Comment une personne troublée par la maladie peut-elle émettre un consentement parfaitement libre et éclairé, au sens le plus juridique du terme ? Les contestations pourraient être sans fin.

Au nom d'une immuable volonté du patient ? C'est un contre-sens. La volonté est par essence changeante. Ne voit-on pas d'ailleurs un nombre croissant d'australiens et australiennes, qui alors qu'ils avaient signé un bizarrement nommé "contrat de vie" censé orchestrer les modalités de leur fin de vie par euthanasie active, dire à leur médecin, suite à leur réveil à l'issu d'un coma, "j'espère que vous n'avez pas trouvé mon contrat de vie".

Et une euthanasie active administrée par qui ? Un médecin ? C'est contraire à son devoir de soigner. Ou celui-là même qui parfois reconnaitra plus tard qu'il regrette son geste, pour des raisons médicales ou éthiques ? Un proche parent ? Celui-la même qui pourrait en tirer quelques bénéfices financiers ? 

Le nombre d'incertitudes et de flous - autant de portes ouvertes à des contestations en tout genre auprès de tribunaux, à des dérapages incontrôlés et des morts dûes à une volonté éphémère - me semble trop grand pour instituer un droit de donner la mort. L'euthanasie passive apparait être le compromis parfait entre le droit à disposer de son corps dont le patient fait l'objet et la rationnalité judiciaire, sans même parler d'une éventuelle éthique ou morale.

27.02.2008

Tuberculose résistante : à qui la faute ?

Les taux de tuberculoses à bacilles multirésistants (tuberculose MR), une forme qu'il est «pratiquement impossible de traiter», n'ont jamais été aussi élevé, selon un nouveau rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui estime qu'on compte près de 500.000 nouveaux cas chaque année dans le monde (c'est-à-dire 5% environ du nombre total de nouveaux cas de tuberculose, qui est de neuf millions). Ce rapport, rendu public mardi, sur la résistance aux antituberculeux dans le monde a été établi à partir des informations recueillies de 2002 à 2006 auprès de 90.000 malades répartis dans 82 pays. Des cas de tuberculose à bacilles ultrarésistants (tuberculose UR), une forme qu'il est pratiquement impossible de traiter, ont été enregistrés dans 45 pays.

Les bactéries à l'origine de la tuberculose deviennent résistantes lorsque les malades ne reçoivent pas ou ne terminent pas complètement leur traitement médicamenteux (un lien a également établi avec le VIH :  la proportion des cas de tuberculose MR est près de deux fois plus importante chez les malades de la tuberculose vivant avec le VIH que chez les autres). La tuberculose à bacilles résistants, comme la tuberculose à bacilles non résistants, peut être transmise par la voie aérienne d'un sujet infecté à un sujet non infecté. Il faut alors un traitement de deux ans fondé sur des médicaments cent fois plus coûteux que les médicaments de première intention.

L'incapacité latente des gouvernances mondiales à réunir leurs moyens respectifs pour apporter des solutions médicamenteuses concrètes à prix abordables aux pays les plus défavorisés, et par voie de fait la cupidité mêmes des lobbys pharmaceutiques bien plus disposés à réinvestir la part restante de leurs profits (une fois les dividendes monstreuses reversées) au sein d'une recherche désireuse de mettre au point les futurs produits biotechnologiques destinés à soumettre des parts de plus en plus large de la population mondiale  aux standards de consommation d'une certaine technocratie, nous mène donc à cette situation vicieuse où les plus pauvres ont besoin de médicaments de plus en plus coûteux, auxquels de toutes manières ils  n'avaient déjà pas accès lorsqu'ils étaient moins chers.

Un certain espoir était pourtant apparu en décembre 2007, à la lecture d'une étude de la Banque mondiale. Elle établit que le coût économique des décès liés à la tuberculose (et à la co-infection avec le VIH) en Afrique subsaharienne de 2006 à 2015 en l'absence de traitement efficace contre la tuberculose, tel que recommandé par la Stratégie OMS Halte à la tuberculose, s'établira à 519 milliards de dollars. Néanmoins, si ces mêmes pays devaient offrir ces traitements à leurs patients et s'en tenir au plan mondial de réduire de moitié, par rapport aux chiffres de 1990, la prévalence et la mortalité d'ici 2015, ils verraient leurs gains économiques dépasser d'environ neuf fois les coûts. Le Plan mondial Halte à la tuberculose, élaboré par le partenariat Halte à la tuberculose, coûterait deux milliards de dollars par an pour le diagnostic et le traitement de la tuberculose en Afrique jusqu'en 2015 et cinq à six milliards de dollars dans le monde.  «Il y avait déjà des raisons impérieuses de lutter contre la tuberculose, responsable de tant de souffrances humaines. Désormais, une autre motivation s'y ajoute: tout porte à croire que les investissements pour réaliser l'objectif du Millénaire pour le développement relatif à la tuberculose entraîneront des gains économiques importants», a déclaré le Dr Margaret Chan, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Encore faut-il avoir de quoi investir. Peut-être un geste de notre part aurait-il ici sa place ? Il faut également admettre que cette enquête peut laisser dubitatif sur le plan moral. Ne faut-il pas avoir un certain culot pour conseiller à des états aux caisses parfois bien vides d'investir à coûts de milliards, pendant que nous-mêmes, au sein de pays plus riches, nous en gaspillons allégrement quelques-uns ?

Économiquement parlant, le développement des traitements antituberculeux se justifie aussi ailleurs qu'en Afrique. L'étude révèle que le rendement économique serait encore plus élevé dans des pays comme la Chine ou l'Inde, où les projections de la croissance des revenus pour les dix prochaines années sont plus élevées et la charge de la co-infection avec le VIH moins lourde, et où les investissements pourraient trouver leur financement par la propre croissant de ces pays,  plutôt que par notre ingérence médicale.

26.02.2008

Biodiversité : cafouillage européen (ou plutôt français ?)

La Norvège a inauguré mardi dans l'archipel arctique de Svalbard, à environ 1.000 kilomètres du pôle Nord, une «Arche de Noé» souterraine destinée à abriter des semences des diverses espèces végétales de la planète en prévision d'un éventuel cataclysme. Le complexe souterrain, conçu pour résister à des tremblements de terre et à une attaque nucléaire, «est notre police d'assurance», a déclaré le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg lors de la cérémonie d'ouverture. «C'est notre Arche de Noé pour garantir la diversité biologique pour les générations futures.»

La structure, creusée profondément dans le sol perpétuellement gelé d'une montagne des îles Svalbard, également appelées Spitzberg, permettra de stocker jusqu'à 4,5 millions d'échantillons de semences du monde entier. Le chantier, lancé il y a moins d'un an, à environ 1.000 kilomètres du pôle Nord, a coûté 50 millions de couronnes norvégiennes (6,2 millions d'euros).

Le but du projet est de protéger le patrimoine végétal de la planète contre le changement climatique, les guerres, les catastrophes naturelles et d'autres menaces.

L'abri est censé constituer une réserve de secours dans le cas où les 1.400 autres banques de semences végétales du monde seraient touchées par des catastrophes, explique Cary Fowler, directeur du Fonds mondial pour la diversité des cultures (GCDT).

De telles banques ont déjà disparu en Irak et Afghanistan à cause de la guerre et une autre a été inondée aux Philippines à cause d'un typhon en 2006. «L'intérêt de Svalbard est qu'il est très éloigné des dangers», a précisé M. Fowler dans un entretien à l'Associated Press lundi.

La structure possède trois salles de stockage de 27x10 mètres creusées à 130 mètres à l'intérieur de la montagne Plataaberget. La Norvège possède le site, mais les pays qui y enverront des semences en garderont la propriété. La collecte des semences est financée par le GCDT, fonds créé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le groupe de recherche Biodiversity International, basé à Rome.

Bien que déjà glacial, l'air ambiant est refroidi un peu plus encore de manière à atteindre -18 degrés Celsius, une température qui permettrait de conserver de nombreuses semences pendant 1.000 ans, selon M. Fowler.

Cette «Arche de Noé» est conçue pour résister aux séismes -elle a essuyé sans problème un tremblement de terre de magnitude 6,2 à Svalbard la semaine dernière- et même à une attaque nucléaire directe, selon le responsable du chantier Magnus Bredeli-Tveiten.

Et selon M. Fowler, en cas de défaillance du système électrique, le permafrost autour du site permettrait de maintenir les semences «au froid pendant 200 ans même dans le pire des scénarios climatiques».

(Info relayée par Free)

Une histoire qui tombe à pique après la condamnation de l'association Kokopelli par la justice française (l’association Kokopelli doit verser 12.000€ pour le grainetier Baumaux, 23.000€ pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF)).  Voici à ce propos un communiqué du Réseau Semences Paysannes :

CONDAMNATION DE KOKOPELLI : l'état condamne ceux qui honorent les engagements du traité sur la biodiversité.

Au printemps 2007, le Parlement français a ratifié un traité international(1) destiné à sauvegarder la biodiversité en reconnaissant les droits des paysans de conserver, utiliser, échanger et vendre des semences de ferme.

Aujourd'hui, la justice française condamne à travers Kokopelli un des pionniers de l'application de ce traité et de la défense de la biodiversité cultivée en France. L'industrie semencière française qui est à l'origine de la plainte veut ainsi interdire la concurrence que lui fait la biodiversité semée et ressemable dans les fermes et les jardins.

Le Réseau Semences Paysannes demande :

- que le gouvernement mettent au plus vite le droit interne français en conformité avec la réglementation européenne(2) et avec les accords internationaux qu'il a ratifiés en permettant l'inscription gratuite sur un catalogue officiel des variétés anciennes ou locales et en autorisant les échanges paysans (de quantités non industrielles) de semences de variétés non inscrites au catalogue

- et qu'il prononce une amnistie immédiate pour ceux qui sont condamnés pour les avoir appliqués.

Contacts :
Nicolas Supiot, 06 50 01 13 29
Guy Kastler, 06 03 94 57 21

(1) Traité International sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture de la FAO

(2) Directive de 1998 sur les variétés "de conservation de la biodiversité cultivée in situ", c'est-à-dire dans les fermes

L'effet de serre en question en terres anglo-saxones

Conséquence des dernières facéties climatiques ? Sans doute. Les Etats-Unis seraient désormais disposés à apposer leur signature au bas d'un accord international contraignant de réduction des émissions de gaz à effet serre, à condition que toutes les grandes puissances économiques prennent les mêmes engagements (convaincre la Chine et l'Inde ne sera pas une mince affaire). A en croire Daniel Price, responsable de l'administration américaine, cet accord pourrait être présenté courant juillet  "en conjonction" avec le sommet du G8 au Japon. Un premier pas avant tout symbolique après les querelles de Kyoto car tout reste à faire.  Rappelons que les Etats-Unis rejettent plus de 6 millions de tonnes équivalent CO2 par an (contre un peu plus de 5 millions pour l'U.E., ce qui est guère mieux).

Ironie de l'histoire, cette annonce est faite au lendemain d'incidents en Grande-Bretagne.  Cinq membres de Greenpeace ont en effet été arrêtés lundi après s'être hissés sur la carlingue d'un avion à l'aéroport Heathrow de Londres afin de montrer leur hostilité au projet de construction d'une troisième piste d'atterrissage. Le commando, composé de trois hommes et deux femmes, a déroulé une banderole au niveau de la queue de l'appareil, sur laquelle on pouvait lire: «Urgence climatique - Pas de troisième piste.» Greenpeace s'oppose en effet au projet de construction d'une troisième piste à Heathrow, l'aéroport le plus fréquenté d'Europe, qui, selon l'organisation de défense de l'environnement, ne ferait qu'empirer le réchauffement climatique en augmentant les émissions de dioxyde de carbone. La société gestionnaire de l'aéroport a indiqué que les manifestants avaient été arrêtés au bout de 90 minutes environ et emmenés au commissariat de police de l'aéroport. Preuve s'il en est que le sujet fait débat. 

J'en profite pour rappeler les lignes directrices du Défi pour la Terre (Fondation Nicolas Hulot et ADEME) :

      Je trie mes déchets et j’évite les emballages inutiles
      Je préfère les produits respectueux de l’environnement et j’évite les produits jetables
      J’éteins les appareils éléctriques au lieu de les laisser en veille
      Je choisis des appareils économes en énergie ( lampes basse consommation, …)
      Je préfère une douche rapide au bain
      Je ne surchauffe pas mon logement et je l’isole le mieux possible.
      J’installe un chauffe eau solaire ou du chauffage au bois chez moi
      J’utilise moins la voiture pour aller travailler, je fais les petits déplacements à pied
      Je conduis souplement et moins vite
      Pour mes voyages, je préfère prendre le train

 

Réchauffement climatique, de quoi parle-t-on ?

 Le réchauffement climatique : un impact humain ou naturel ?

 

Origines naturelles des changements climatiques

Variations de la position de la Terre

Les paramètres de Milanković ou cycles de Milanković correspondent à trois phénomènes astronomiques affectant certaines planètes au moins du système solaire : l'excentricité, l'obliquité et la précession. Joseph-Alphonse Adhémar, James Croll et Milutin Milanković sont les principaux scientifiques ayant avancé l'idée que ces trois paramètres interviennent dans les variations climatiques naturelles, en particulier sur Terre. Cette hypothèse n'a été supportée par des données expérimentales cohérentes qu'en 1976, avec l'article fondamental de Hays, Imbrie et Shackleton. Ces changements climatiques naturels ont pour principale conséquence les périodes glaciaires et interglaciaires. Leur étude en terme de phénomènes périodiques est du ressort la cyclostratigraphie.

L'excentricité terrestre

Eccentricity_zero.gif
 

Excentricité nulle de l'orbite terrestre autour du soleil 

Eccentricity_half.gif

 

 Excentricité maximale de l'orbite terrestre autour du soleil

 

L'obliquité terrestre :

Earth_obliquity_range.jpg
 

 La précession terrestre

 

Earth_precession.jpg

 

Les conséquences de ces trois facteurs :

 Ces trois facteurs combinés ont donc différentes conséquences:

  • La variation d'énergie solaire reçue sous les hautes latitudes au cours de l'année.
  • Les différences de température entre les continents et les océans à cause de l'albédo.
  • Les variations sur les changements de saison (plus élevées aux hautes latitudes).
  • Les différences de température entre les hémisphères dues à l'inclinaison.
  • Par contre, ces paramètres n'ont aucune influence sur la quantité totale annuelle d'énergie solaire reçue par la Terre.


Milankovitch_Variations.png
 

Confirmation de cette théorie

 

Ice_Age_Temperature.png

 

Suite au forage de Vostok (Antarctique), les chercheurs ont pu étudier le rapport 18O/ 16O (qui est noté δ 18O) dans la glace extraite.
En effet, ils se sont aperçus que la courbe représentant le rapport 18O/ 16O avait des similitudes avec la courbe issue des cycles de Milanković. Et étant donné que la correspondance température / δ 18O est fermement établie, on peut alors penser que les paramètres de Milanković peuvent être la cause des changements climatiques naturels.

 

L'effet de serre

 

 L'effet de serre est un processus naturel de réchauffement de l'atmosphère.

Effet_de_Serre.png

Lorsque le rayonnement solaire atteint l'atmosphère terrestre, une partie (environ 28,3 %) est directement réfléchie (renvoyée vers l'espace), par l'air, les nuages blancs et la surface claire de la Terre (en particulier les régions blanches et glacées comme l'Arctique et l'Antarctique), c'est l'albédo (non représenté sur le schéma). Les rayons incidents qui n'ont pas été réfléchis vers l'espace sont absorbés par l'atmosphère (20,7 %) et/ou la surface terrestre (51 %). Cette dernière partie du rayonnement absorbée par la surface du sol lui apporte de la chaleur (énergie), qu'elle restitue à son tour, le jour comme la nuit, en direction de l'atmosphère sous forme de rayons infrarouges. C'est le « rayonnement du corps noir ».

Ce rayonnement est alors absorbé en partie par les gaz à effet de serre, ce qui réchauffe l'atmosphère. Puis dans un troisième temps, cette chaleur est réémise dans toutes les directions, notamment vers la Terre. C'est ce rayonnement qui retourne vers la Terre qui constitue l'effet de serre, il est à l'origine d'un apport supplémentaire de chaleur à la surface terrestre. Sans ce phénomène, la température moyenne sur Terre chuterait d'abord à -18 °C. Puis, la glace s'étendant sur le globe, l'albédo terrestre augmenterait et la température se stabiliserait vraisemblablement à -100°C.

On peut considérer l'atmosphère comme un réservoir d'énergie. Si l'effet de serre est plus efficace pour retenir (en fait ralentir la déperdition de l'énergie) l'énergie, ce réservoir se remplit - et l'énergie emmagasinée par la surface terrestre augmente . En moyenne, l'énergie venue de l'espace et reçue par la Terre, et l'énergie de la Terre émise vers l'espace sont quasiment égales. Si ce n'était pas le cas, la température de surface de la Terre augmenterait sans cesse ou diminuerait sans cesse. En effet, si les échanges moyens d'énergie avec l'espace ne sont pas équilibrés, il y aura un stockage ou un déstockage d'énergie par la Terre. Ce déséquilibre provoque alors un changement de température de l'atmosphère.

 

Les gaz à effet de serre

Les gaz à effet de serre sont des composants gazeux de l'atmosphère qui contribuent à l'effet de serre. Les principaux gaz à effet de serre sont la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l'oxyde nitreux (ou protoxyde d'azote, de formule N2O) et l'ozone (O3). Les gaz à effet de serre industriels incluent les halocarbones lourds (fluorocarbones chlorés incluant les CFC, les molécules de HCFC-22 comme le fréon et le perfluorométhane) et l'hexafluorure de soufre (SF6).

Contributions approximatives à l'effet de serre des principaux gaz :

  • vapeur d'eau : 55 %
  • dioxyde de carbone : 39 %
  • ozone : 1 %
  • méthane : 1 %
  • oxyde nitreux : 4 %

Ces gaz ont pour caractéristique commune d'absorber une partie des infra-rouge émis par la surface de la Terre.

En France, selon le groupe Facteur 4, les émissions de gaz à effet de serre proviennent des transports pour 26 %, suivis de l’industrie (22 %), de l’agriculture (19 %), des bâtiments et habitations (19 %), de la production et de la transformation de l’énergie (13 %), et du traitement des déchets (3 %). Depuis 1990, les émissions ont augmenté de plus de 20 % pour les transports et les bâtiments. En revanche, elles ont diminué de 22 % dans l’industrie, de 10 % dans le secteur agricole, de 9 % dans le secteur de l’énergie et de 8 % pour le traitement des déchets.

 

Observations liées au réchauffement climatique actuel

 Plusieurs changements ont été observés dans le monde qui semblent cohérents avec l'existence d'un réchauffement climatique planétaire. Il faut cependant noter que le lien entre ce réchauffement et les observations faites n’est pas toujours établi de façon sûre. En France c'est l'ONERC qui coordonne les observations.

  • Le climat. Selon le troisième rapport du GIEC, la répartition des précipitations s'est modifiée au cours du XXe siècle. En particulier, les précipitations seraient devenues plus importantes aux latitudes moyennes et hautes de l'hémisphère nord, et moins importantes dans les zones subtropicales de ce même hémisphère. D'autres experts estiment toutefois les données actuelles trop rares et incomplètes pour qu'une tendance à la hausse ou à la baisse des précipitations puisse être dégagée sur des zones de cette ampleur.
  • Il semblerait que les phénomènes el Niño soient devenus plus fréquents que par le passé.
  • La fonte de portions de banquise. Plusieurs études indiquaient que les banquises sont en train de se réduire. D'une part des observations satellites montrent que ces banquises perdent de la superficie dans l'océan Arctique. D'autre part, un amincissement de ces banquises, en particulier autour du pôle nord, a été observé. D'après les équipes scientifiques travaillant sur ce sujet, cette diminution est due au réchauffement planétaire. Le Groenland a vu ses glaciers se réduire de 230 à 80 milliards de tonnes par an de 2003 à 2005, ce qui contribuerait à 10% de l'élévation du niveau des mers.
 
  • Le recul des glaciers de montagnes. À de rares exceptions près, l'ensemble des glaciers montagnards étudiés sont en phase de recul. Les glaciers de l'Himalaya reculent rapidement et pourraient disparaître dans les cinquante prochaines années, selon des experts réunis à Katmandou pour une conférence sur le réchauffement climatique le 4 juin 2007. Les températures dans cette région ont crû de 0,15 °C à 0,6 °C tous les 10 ans au cours des 30 dernières années. De nombreux travaux documentent ce recul et cherchent à l'expliquer. Un tel recul semble tout à fait cohérent avec un réchauffement du climat. Mais cela a déjà existé par le passé : par exemple le recul actuel de la mer de Glace à Chamonix découvre des vestiges humains du Moyen Âge, preuve que le glacier a déjà fondu davantage que de nos jours à une période historiquement proche. De même, l'étude détaillée de certains glaciers montre que de nombreux facteurs interviennent, comme les précipitations ou le phénomène El Niño, qui ne sont pas nécessairement directement liés au réchauffement planétaire actuel. Il faut enfin souligner la quasi-absence de données sur les glaciers himalayens. Par exemple, il n'existe de données fiables que sur 50 glaciers indiens, sur plus de 9 500.
  • Les pratiques agricoles. Le climat, et en particulier les températures, ont un effet sur la date des récoltes agricoles. Dans de nombreux cas les dates de vendanges sont régulièrement avancées, comme celui du raisin en Bourgogne. De Plus ces phénomènes peuvent être décrits sur plusieurs décennies car ces dates de vendanges ont été consignées dans le passé et archivées. De tels documents sont utilisés pour déterminer les températures à des périodes où les thermomètres n'existaient pas ou manquaient de précisions. Un réchauffement climatique depuis le XXe siècle est clairement décrit par l'étude de ces archives.

  • Cyclones, typhons. Une étude publiée en 2005 et remise en question depuis par une seconde étude, montre que l'intensité des cyclones aurait globalement augmenté entre 1970 et 2004 alors que le nombre total de cyclones aurait globalement diminué pendant la même période. Selon cette étude, il est possible que cette augmentation d'intensité soit liée au réchauffement climatique, mais la période d'observation est trop courte et le rôle des cyclones dans les flux atmosphériques et océaniques n'est pas suffisamment connu pour que cette relation puisse être établie avec certitude. La seconde étude publiée un an plus tard montre quant à elle que l'intensité des cyclones n'aurait pas augmenté de façon significative depuis 1986[16].
  • Aires de répartition. Plusieurs équipes de chercheurs ont observé une modification de l'aire de répartition de différentes espèces animales et végétales. Dans certains cas, en particulier lorsque cette aire se déplace vers le nord ou vers de plus hautes altitudes, le réchauffement climatique planétaire est parfois proposé comme cause de ces modifications.

Exemple de travaux chez la chenille processionnaire du pin.

  • L’élévation du niveau de la mer. Différentes données obtenues à l'aide de marégraphes et de satellites ont été étudiées. Leur analyse suggère que le niveau de la mer s'est élevé au cours du XXe siècle de plusieurs dizaines de centimètres, et qu'il continue à s'élever régulièrement. Cette élévation du niveau de la mer peut aussi être observée indirectement par ses conséquences sur l'environnement, comme c'est le cas au Nouveau-Brunswick.

 

Les scientifiques prévoient une augmentation de 1,5 °C à 6 °C pour le siècle à venir en supposant que l'augmentation des rejets de GES continue au rythme des 20 dernières années (on n'a pas observé de ralentissement global des émissions, même depuis Kyoto). Un arrêt total et immédiat des rejets de carbone n'empêcherait cependant pas la température moyenne de la planète de continuer à augmenter pendant plusieurs dizaines à centaines d'années, car certains GES ne disparaissent de l'atmosphère que très lentement.

 

Rétroaction positive et emballement de  l'effet de serre

Quand il y a une réaction en chaîne, telle que la concentration d'un gaz à effet de serre augmente avec la température, il y a une rétroaction positive ("positive feedback" en anglais). Un autre exemple de rétroaction positive est la diminution de la couverture de glace qui affaiblit l'albédo de la planète et contribue ainsi à augmenter sa température.

Avec le rayonnement de la Terre qui augmente proportionnellement à la puissance quatrième de la température, l'effet de rétroaction doit être très fort pour provoquer un emballement. Si cela se produit et les réactions ne se terminent qu'après avoir produit une grande augmentation de la température, cela s'appelle un emballement de l'effet de serre ("runaway greenhouse effect" en anglais).

Selon l'hypothèse du fusil à clathrates ("clathrate gun" en anglais) un emballement de l'effet de serre pourrait être causé par la libération de méthane à partir des clathrates (hydrates de méthane qui tapissent le fond des océans) suite au réchauffement planétaire. On suppose que l'extinction massive d'espèces lors du Permien-Trias a été causée par un tel emballement. Il est également estimé que de grandes quantités de méthane pourraient être libérées de la toundra sibérienne qui commence à dégeler, le méthane étant 21 fois plus puissant comme gaz à effet de serre que le dioxyde de carbone.

Vénus a peut-être été le siège d'un emballement de l'effet de serre, ce qui expliquerait les niveaux très élevés de sa température et de sa teneur en CO2.

 

Accélération nette du réchauffement climatique liée au facteur anthropique (ou action de l'homme) depuis la révolution industrielle :

 

CO2-Temp.png

 

Climate_Change_Attribution_fr.png

 

Conclusion : c'est ainsi que la communauté scientifique se retrouve en état de relatif consensus à propos tant de l'impact humain sur le réchauffement climatique que de ses conséquences.

 

 

Agriculture biologique: Lettre ouverte au Président de la République

Lettre ouverte au Président de la République
par un collectif d’intellectuels et d’O.N.G. pour soutenir l’Agriculture Biologique.
Liste ci-dessous.

Paris, le 22 février 2008.

Objet : Rétablir l’équité dans l’octroi des aides agricoles en France.

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
Rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris.


Monsieur le Président,

Nous avons l’honneur d’attirer votre attention sur une situation que nous jugeons anormale, voire indécente face aux difficultés que rencontrent nos concitoyens dans la recherche d’une alimentation de qualité.

Alors même que des sommes considérables sont allouées à une minorité de producteurs spécialisés dans les grandes cultures intensives, la très forte demande qui existe en France en faveur des produits de l’Agriculture Biologique ne peut être satisfaite alors que notre pays doit importer près de 50% de ses besoins !

Malgré l’annonce d’un programme ambitieux, le plan Barnier, pour tripler les surfaces en Agriculture Biologique avant 2012 et la circulaire du Premier Ministre le 19 décembre dernier, demandant à toutes les administrations d’introduire 20% de produits biologiques dans la restauration collective, on assiste simultanément à des mesures contradictoires et discriminatoires à l’égard des organisations professionnelles de l’Agriculture Biologique.

Cette forme d’agriculture, créatrice d’emplois, respectueuse de l’environnement et des ressources en eau, se trouve en situation de concurrence déloyale face à l’agriculture industrielle dont les coûts externes ne font que croître.

La justification que donnent les institutions selon lesquelles il n’y a pas suffisamment de crédits disponibles pour l’agriculture biologique n’est pas recevable compte tenu du fait que les producteurs concernés par les grandes cultures intensives, dont le revenu a augmenté de 80% en 2007 en raison de la flambée des prix sur le marché mondial, perçoivent toujours l’essentiel des subventions nationales et communautaires.

Nous devons rappeler que les aides importantes, dont continuent de bénéficier une catégorie privilégiée de producteurs, avaient pour objet la compensation de leurs revenus quand les prix mondiaux étaient inférieurs à ceux du Marché Commun européen.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui et cette situation est devenue intolérable, avec d’un coté une rente de situation très élevée, pour certains qui perçoivent l’équivalent de vingt à trente SMIC par an, et de l’autre des agriculteurs modestes contraints de quitter leur terre pour aller parfois, grossir la liste des abonnés aux « Restaurants du Cœur »…

Cette disparité, profondément injuste, s’inscrit dans un contexte général de déficit de la balance commerciale de la France qui exporte, il est vrai des céréales, mais importe par ailleurs 60% de ses besoins alimentaires, notamment les protéagineux, les fruits et légumes, les produits bio, etc… On est très loin de la sécurité alimentaire annoncée puisque sous couvert d’aménagement du territoire on aggrave les disparités régionales et on accentue les pertes d’emplois en milieu rural. Nous sommes là aux antipodes d’un authentique développement soutenable, économiquement, écologiquement et socialement.

Nous vous demandons, Monsieur le Président, de rétablir au plus vite l’équité dans la répartition des aides agricoles comme l’ont fait l’ensemble des pays voisins.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

Pour le Collectif de la Lettre Ouverte (liste ci-après):

Philippe Desbrosses, Président d’Intelligence Verte


Liste des premiers signataires de la lettre ouverte :

- Coline SERREAU
- Edgar MORIN
- Albert JACQUARD
- Corinne LEPAGE CRII-GEN
- Allain BOURGRAIN DUBOURG ( L.P.O.)
- Yann ARTHUS –BERTRAND Good Planet
- Bernard CRESSENS, directeur des programmes W.W.F.
- le W.W.F.
- Jacques TESTART Président de Science Citoyenne
- André CICOLELLA Président des Lanceurs d'Alerte
- François VEILLERETTE Président du MDRGF
- Dominique BELPOMME Cancérologue, Président de l’ARTAC.
- Gilles-Eric SERALINI expert international (Génie Biomoléculaire)
- Christian VELOT comité scientifique du CRII GEN
- Claude GRUFFAT Président de BIOCOOP
- Hugues TOUSSAINT Président de l'Association BIO CONSOMM'ACTEURS
- Yann FIEVET Vice-Présidente d' Action Consommation.
- Maria PELLETIER Présidente d'OBJECTIF BIO
- Christian PORTAL du Collectif ACECOMED
- Dominique ERAUD Collectif Ecomédecines
- Alain MATESI association CoLLecT-IF (La Ciotat)
- Michel MOMBRUN Objectif 21.
- Jean-Claude PIERRE Fondateur d'Eaux-et-Rivières de Bretagne - Président de Nature-&-Culture
- Lylian LE GOFF Réseau COHERENCE. Expert scientifique de France-Nature-Environnement
- Jérôme HENRY (Banquier coopératif)
- Marjolaine WATELLE de la Revue Soleil Levant
- Daniel BRABIS GRIT/Transversale Science-culture
- Philippe LECONTE, Président du Conseil de Surveillance de la Banque NEF
- Ezzedine El MESTIRI Fondateur et Directeur de la Revue du Nouveau Consommateur.
- Yannick JADOT porte – parole de Greenpeace.
- Martine LAVAL consultante Management HEC et Solidarités actives.
- Philippe DESBROSSES Association Intelligence Verte.


Les O.N.G. et associations suivantes :

W.W.F.
Les Amis de la Terre ;
MDRGF
L.P.O. ligue pour la protection des Oiseaux.
L’Intelligence Verte pour la sauvegarde de la Biodiversité.
Greenpeace France.
Nord-Ecologie
TEO association Terre.
Nature-&-Culture
Terre de Liens
FNAB, (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique
BIOCOOP
BIO CONSOMM’ACTEURS
ACECOMED
ECOMEDECINES
OBJECTIF BIO
GRIT/Transversale – science et culture
A.R.T.A.C.


Liste non close.

http://www.intelligenceverte.org/lettre-ouverte-soutien-a...

Toutes les notes