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15.03.2008
Euthanasie : que déduire du cas de Chantal Sébire ?
Chantal Sébire (52 ans) est atteinte d'une tumeur incurable. Elle demande à la justice le droit d'être "euthanasiée" par son médecin.
Le député Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie actuellement en vigueur - affirmant l'obligation de soulager la douleur, le droit du patient à refuser des traitements, le principe du non-acharnement thérapeutique et interdit le geste ultime de la mort délibérément donnée - estime que la demande de suicide assisté de Chantal Sébire "n'entre pas dans le cadre de la loi" et que "le suicide est une liberté, pas un droit revendiqué".
Rappelons d'ailleurs à quel point il est difficile de faire une loi juste et parfaitement incontestable au sujet de l'euthanasie. En effet, la volonté des êtres humains est changeante et, au fond, qu'est-ce qu'un consentement libre et éclairé quand la volonté est déterminée en partie par la maladie (pas forcément bien connue d'ailleurs, du moins dans ses possibilités d'évolution et l'avenir de ses traitements) ? Est-il également possible de retirer tout intérêt personnel dans l'acte d'euthanasie (question de l'héritage notamment, si l'acte est pratiqué ou réclamé par un tiers issu de la famille) ? Les flous sont aussi grands qu'avant et les contestations plus que jamais du possible. Or, une loi se doit d'être claire, éclairante ; la portée normative la renforçant aussi.
Du reste, le rôle des médecins est de soigner les patients, pas de leur donner la mort. Une dépénalisation ou une légalisation de l'euthanasie mettrait à plat leur mission première sans qu'ils y soient tous favorables. Pourquoi ne pas se suicider soi-même ?
Ce cas est d'autant plus troublant que la mise légale sous coma artificiel ferait mourir Chantal Sébire sous 15 jours/1 mois sans douleur, acte qu'elle refuse. Pourquoi réclamer un droit de mourir par euthanasie active et en même temps refuser cette solution-là ? Pour faire progresser le débat sur l'euthanasie répond-elle. Pardonnez-moi, mais ça pue la manipulation ou le contre-sens à plein nez. Cette femme réclame une chose d'hors-et-déjà à sa disposition dans ce cas : un acte médical la menant à la mort. Ce n'est pas sans rappeler l'instrumentalisation qu'il y avait eu autour du cas Humbert... Les associations - notamment l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) - s'engouffrent dans ces cas et s'essaient à quelques manipulations d'opinion pour parvenir à leurs fins, voilà ce que je conclus de la théâtralisation du cas Sébire !
02:13 Publié dans Euthanasie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : euthanasie





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