09.03.2008
Le monde selon Monsanto - Le documentaire événement
(France, 2007, 1h48mn)
"Je n’ai jamais vu une société qui ait une influence aussi déterminante et à un niveau aussi élevé sur les autorités gouvernementales en charge de la réglementation que Monsanto avec ses OGM."
(l’essayiste Jeremy Rifkin)
Monsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d’abord spécialisée dans l’industrie chimique, est devenue en un peu plus d’un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l’armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l’aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises "les plus controversées de l’ère industrielle".
"Nourriture, santé, espoir" : sur son site, la firme de Saint-Louis promet une agriculture durable, aux rendements supérieurs, respectueuse de l’environnement. Journaliste d’investigation chevronnée, couronnée du Prix Albert-Londres en 1995, la réalisatrice a décidé de juger sur pièce, y compris en explorant le passé de l’entreprise. Sa première étape la mène à Anniston, en Alabama, où 40 % de la population, majoritairement noire, souffre de cancer. En 2002, Monsanto a été condamnée par la justice à lui verser 700 millions de dollars pour avoir dissimulé pendant des décennies la dangerosité des PCB…
Cobayes
Implacablement, d’Anniston jusqu’au Paraguay en passant par l’Inde, la Grande-Bretagne ou le Mexique, Marie-Monique Robin collecte des faits aussi alarmants qu’irréfutables et démonte point par point le discours de Monsanto. Elle démontre que, dans le dossier des OGM, les réglementations américaine et européenne ont été directement influencées, sans validation scientifique valable, par des alliés de la firme placés à des postes-clé au sein d’une administration tout sauf indépendante. Elle expose les stupéfiantes méthodes utilisées par la multinationale pour discréditer ses adversaires, mais aussi intimider les agriculteurs à domicile.
Elle laisse entrevoir enfin la catastrophe en germe dans les visées hégémoniques de Monsanto sur les semences du monde, dont les paysans indiens ou paraguayens subissent aujourd’hui les conséquences. "On ne devrait pas utiliser les citoyens comme des cobayes." Pour avoir exprimé ses inquiétudes à propos des OGM sur un plateau de la BBC, le biologiste Arpad Pusztaï fut licencié du jour au lendemain.
Quelques années plus tard, Le monde selon Monsanto donne une ampleur planétaire à cet avertissement.
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08.03.2008
Le maïs OGM Bt MON 810 a des caractéristiques génétiques inattendues
Communiqué de Presse du CRII-GEN
Le Pr. Marcello Buiatti et son équipe de l’Université de Florence, en Italie, viennent de publier dans une revue internationale de haut niveau (Rosati et al., Plant. Mol. Biol., 2008) des résultats étonnants qui remettent en cause la caractérisation génétique du maïs OGM Bt MON 810. Le Pr. Buiatti est membre du conseil scientifique du CRIIGEN et a également présenté ses résultats lors d’une séance de la Société de Biologie à Paris récemment, où d’autres études de scientifiques du CRIIGEN ont été exposées.
L’article est intitulé « Characterisation of 3’ transgene insertion site and derived mRNAs in MON810 YieldGard® maize » par Alessio Rosati, Patrizia Bogani, Alisa Santarlasci, et Marcello Buiatti. Plant Mol. Biol. (2008) DOI 10.1007/s11103-008-9315-7.
Cet article révèle que le gène ajouté, caractéristique de l’OGM, et codant pour la toxine insecticide Bt MON 810 s’est inséré dans un autre gène du maïs qui ressemble à 80% à une ubiquitine-ligase. Les ubiquitine-ligases sont des enzymes importantes notamment pour la régulation de plusieurs fonctions cellulaires. De plus, l’insertion de la construction génétique de l’OGM Bt dans ce gène de la plante pourrait permettre la formation de nouvelles toxines insecticides « hybrides ». Les conséquences sur la biosécurité de ces faits ne sont pas connues. En tout cas, ces résultats sont la preuve de la nécessité de renouveler les techniques utilisées dans la description moléculaire et biochimique des OGM désormais obsolètes. Le CRIIGEN souligne combien la réglementation des OGM devrait évoluer vers une obligation d’obtenir la séquence des gènes artificiels après leur intégration dans des organismes vivants, avec celle des gènes les entourant, et combien la toxicité des nouveaux insecticides Bt devrait être mieux et plus longtemps étudiée. Le maïs-insecticide Bt MON 810 est le seul OGM vraiment cultivé commercialement en Europe aujourd’hui, sur moins de 1% des surfaces agricoles. Sa réévaluation est prévue en 2008. La France a plaidé récemment pour un moratoire sur ses cultures, suite à de nombreuses interrogations du Comité de préfiguration de la haute autorité sur les OGM, qui n’avait pas pris en compte ces récents résultats. Le moratoire à la consommation et à l’importation de la nourriture animale pourrait être étudié.
Contacts en France : CRIIGEN Tél : +33 (0) 2 31 56 54 89 ou 56 84 – mail : criigen@unicaen.fr13:49 Publié dans OGM - Agriculture biologique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm
29.02.2008
OGM : Pétition internationale pour un référendum (CRI-GEN)
Pétition internationale pour un référendum
Le maïs-insecticide transgénique dit "Bt" est le premier OGM (Organisme Génétiquement Modifié) autorisé à la culture commerciale en France. Il entre dans la chaîne alimentaire.
Mal fait, avec un gène de résistance à la famille des pénicillines, et d'autres séquences artificielles d'ADN indésirables,
Mal évalué, sans test sérieux de toxicologie avec des mammifères, ce qui est honteux,
Mal étiqueté, les importations venant souvent mélangées aux cultures conventionnelles, et sans homologation des méthodes de dosage,
LE CRII-GEN ESTIME QUE SON AUTORISATION EST UN VIOL DE LA DEMOCRATIE.
LA DIFFUSION RAPIDE DES OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) DANS L'ENVIRONNEMENT EST LA PLUS GRANDE TRANSFORMATION DE LA VIE DEPUIS LES DEBUTS DE L'HUMANITE. ILS PERMETTENT AUSSI DE METTRE LES ESPECES VIVANTES SOUS BREVETS. LE CRII-GEN DEMANDE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET AU GOUVERNEMENT UN REFERENDUM NATIONAL SUR LES OGM, ET RECLAME A L'EUROPE UN REFERENDUM SUR LA CULTURE COMMERCIALE ET LA CONSOMMATION ANIMALE ET HUMAINE D'OGM ET DE LEURS PRODUITS DERIVES.
Nous, citoyens, signataires de la présente pétition, réclamons le droit de pouvoir nous exprimer démocratiquement sur la commercialisation et la mise en semence industrielle des O.G.M., suffisamment échaudés par des prétendus progrès technologiques qui ont fait de nous des cobayes et victimes potentiels, nous refusons désormais que nous soient imposés sans aucun avantage collectif des choix générateurs de mutations génétiques incontrôlées qui nous engagent sur une voie irréversible pour nous-mêmes et nos enfants.
Pour signer cette pétition, envoyez votre adresse et accord à criigen@unicaen.fr ou à CRII-GEN, 40 rue de Monceau, 75008 Paris, FRANCE
objet : Pétition internationale pour un référendum
Je suis signataire de cette pétition :
Nom : Prénom :
Adresse :
Code postal : Commune :
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OGM : comment et avec quels risques ?
Quelques infos sur les techniques de création d'OGM les plus couramment employées et les risques inhérents
- L'élément transféré :
- Méthode directe :
La biolistique, ou balistique biologique, est la méthode la plus courante. Elle consiste à propulser le transgène dans les cellules végétales.
On utilise des microbilles de métal enrobées d’ADN (billes d’or ou de tungstène de un micron). Elles sont projetées à grande vitesse sur les cellules à transformer afin de traverser leur paroi. Ces billes seront progressivement freinées en traversant les différentes couches cellulaires. Quelques-unes des cellules atteintes vont alors insérer spontanément les transgènes dans leur génome. Mais le noyau de la cellule intègre l'ADN de façon aléatoire. Il faudra environ quinze jours pour s'assurer que les nouveaux gènes introduit se sont bien intégrés au génome.
Cette méthode est très prometteuse, car elle permet de façon simple et rapide d'injecter de l'ADN dans une grande quantité de cellules sans passer par une phase protoplasmique, encore très mal maîtrisée chez certaines espèces. De plus, cette injection peut être réalisée sur un tissu non désolidarisé de l'organe d'origine.
- Méthode indirecte :
La méthode de la transfection biologique utilise les propriétés des bactéries.
Première étape :
Tout d’abord, on introduit le gène d’intérêt dans un plasmide. Pour cela, on utilise différentes enzymes, notamment une enzyme de restriction et la ligase. On obtient donc un plasmide génétiquement modifié comprenant le gène d’intérêt.
Deuxième étape :
Dans un second temps, ce plasmide est transféré dans une bactérie, généralement de l’espèce Escherichia coli (E. coli). On cultive les colonies de E. coli transformées pour préparer le plasmide vecteur.
Troisième étape :
L’étape suivante a pour but de sélectionner les bactéries E. coli qui ont été transformées. Les bactéries ayant intégré le plasmide possèdent maintenant le gène d’intérêt, mais également un gène de résistance à un antibiotique particulier. Les bactéries sont donc placées dans un milieu de culture qui contient cet antibiotique. Les bactéries transformées génétiquement seront les seules à se développer dans ce milieu, c’est ainsi qu’elles sont sélectionnées.
Quatrième étape :
On intègre alors le plasmide transformé dans une plante à l’aide d’une autre bactérie : Agrobacterium tumefaciens (A. tumefaciens), qui possède la capacité à introduire des fragments précis de son ADN dans le génome des plantes. Le plasmide est transféré de E. coli à A. tumefaciens par choc thermique ou par conjugaison (voir schéma ci-dessous).
Cinquième étape :
Enfin, on place dans un milieu de culture commun des bactéries A. tumefaciens et un fragment de tissu végétal (un morceau de feuille ou de tige par exemple). Grâce aux propriétés de la bactérie, la partie du plasmide qui contient le gène d’intérêt est transférée dans le noyau de la cellule végétale qui l’intègre alors dans son génome.
La dernière étape est alors la régénération de plantes entières à partir de ces cellules.
Malheureusement, cette méthode plus « naturelle » ne fonctionne que chez certaines espèces (tabac, colza, tomate, pomme de terre melon et tournesol).
- Les risques :
En effet, les OGM peuvent induire différentes maladies qui peuvent toucher aussi bien les animaux que l’environnement dans lequel il évolue.
1- Les OGM et la santé
Les allergies :
Tout OGM est potentiellement allergisant car il n'est pas reconnu par l'organisme qui le reçoit, que ce soit par voie digestive ou par voie aérienne. Les expériences ont montré le pouvoir allergisant du « soja à la noix » : la noix de Brésil est un aliment reconnu pour provoquer des allergies chez certains individus. Par conséquent, on a dû soumettre le soja OGM qui a été créé à partir d’un des gènes de la noix à une multitude de tests pour vérifier si la protéine produite par ce gène avait conservé son pouvoir allergène. Pour le savoir, les chercheurs ont mis en contact la dite protéine avec du sérum de patients connus pour être allergiques. On observa une réaction immunitaire immédiate. Pour cette raison, ce nouveau soja n’a pas été commercialisé, même s’il avait été développé pour l’alimentation animale mais qu'en sera-t-il pour les fraises, tomates, et autres bananes transgéniques ?
Les intoxications :
Aucune preuve expérimentale n'a permis d'éliminer les risques potentiels des molécules insecticides fabriquées par les plantes transgéniques. Ces substances peuvent être toxiques pour le foie, les reins, le cerveau. De même les aliments fabriqués à partir des végétaux qui tolèrent les herbicides peuvent devenir toxiques en raison de leur forte teneur en poisons. Ces derniers peuvent aussi se retrouver dans toute la chaîne alimentaire (lait, viande) jusqu’à des doses maximales autorisées.
Les maladies auto-immunes :
Certaines maladies auto-immunes sont secondaires à l'apparition de complexes immuns circulants formés de substances étrangères fixant des anticorps spécifiques développés contre ces substances extérieures. Les nouveaux aliments OGM, leurs virus, ne peuvent-ils pas passer la barrière digestive et ne peuvent-ils pas créer des phénomènes identiques? S'il n'en est pas ainsi pour les aliments habituels que l’Homme a connus peu à peu dans son évolution millénaire, c'est parce que nous avons appris à créer des enzymes adaptées à les disséquer dans notre tube digestif avec l'aide du pancréas notamment. Ces enzymes ont été acquises peu à peu, au cours de l'évolution, et notre corps sait les fabriquer, au jour le jour, en fonction des aliments ingérés. Encore faut-il que l'organisme ait eu un jour connaissance de ces aliments. Il est donc fort probable que le corps mette un certain temps avant d'apprendre à dégrader les brins d'ADN manipulés. Ce qui renforce conséquemment les risques de pénétration digestive, d'allergies et de maladies auto-immunes.
Les résistances aux antibiotiques :
Comme nous l’avons vu précédemment, les chercheurs intègrent souvent un gène de résistance à un antibiotique en même temps que le transgène à la cellule qu’ils veulent modifier.
2 - Les OGM et l'environnement :
Les mutations génétiques :
Les plantes génétiquement modifiées pour s'auto protéger contre un insecte, par exemple, pourraient susciter l'apparition d'insectes résistants à ces plantes transgéniques, à la suite d'une mutation génétique « naturelle » chez ces derniers.
Il existe des indices de probabilité de réalisation de ce risque, qui ne découlent pourtant pas des plantes génétiquement modifiées, mais bien des méthodes utilisées classiquement en agriculture. En effet, une toxine produite par la bactérie Bacillus thuringiensis, est utilisée dans différents pays, dont la France, notamment en agriculture biologique, sous forme de bio-pesticide (mélange de bactéries pulvériséés). Il y a donc de nombreuses toxines dans cette pulvérisation. On en connaît actuellement plus de 250.
Le bacille Thuringiensis est une bactérie à tiges génératrices de spores. Pendant la production de spores, des corps cristallins sont formés. Le bacille a une structure en cristal comme le triangle à gauche sur cette image. Les cristaux se dissolvent dans l'intestin de l'insecte affecté et paralysent les cellules épithéliales. L'insecte cesse alors de manger et meurt par la suite pendant que le bacille développe des spores et se reproduit dans le sang de celui-ci. Ce bacille affecte plus de 150 insectes.
Or, dans certains pays (Malaisie, Japon, Hawaï), son application répétée, sous forme de pesticide, a entraîné la sélection de populations d’insectes ravageurs capables de résister à l'action de ce produit.
Les effets non désirés :
Les Plantes Génétiquement Modifiées (PGM) en vue de leur donner une résistance naturelle à un insecte peuvent affecter des insectes non visés par la modification de la plante. C'est le cas par exemple pour les abeilles et le monarque qui, bien que non indésirables, sont éliminés par certaines plantes génétiquement modifiées.
En effet, il a été mené en 1999 une expérience sur le monarque, papillon d'Amérique du Nord réputé pour sa beauté. Des chenilles de ce papillon ont été nourries avec des feuilles artificiellement recouvertes de pollen d'une variété de maïs génétiquement modifié par l'introduction d'un gène commandant la production d'un insecticide contre la Pyrale. Ces chenilles ont connu une croissance plus lente et une mortalité plus élevée que d'autres nourries de feuilles recouvertes de pollen de maïs classique. L'expérience a donc démontré le « danger » encouru par le papillon.
Celles s’étant nourries avec le maïs transgénique présentent une paralysie du système digestif, cessent de s'alimenter et meurent rapidement.
L'éventuel impact sur les insectes « non cibles » :
Des insectes utiles comme les abeilles, risquent d'être affectés par le développement des plantes transgéniques. On parle alors d'effet sur les insectes « non cibles », c'est-à-dire sur ceux qui ne sont pas visés par la modification génétique, mais sur qui la plante transgénique pourrait néanmoins influer le changement de métabolisme de la plante. Des études portant sur des colzas résistants à un herbicide sont menées à l'Institut Nationale de la Recherche Agronomique (INRA) depuis 1990 et n'ont pas permis de mettre en évidence, pour l'instant, des effets sur la mortalité des abeilles, ni sur leur comportement de butinage. Toutefois, même s'il n'est pas encore apparu clairement, surtout en comparaison avec les effets actuels des insecticides, ce risque ne peut être écarté.
Il est donc nécessaire de procéder à l'analyse des sécrétions des plantes transgéniques mellifères (par exemple le colza), ainsi qu’à l'évaluation de l'incidence d'une exposition à des plantes transgéniques. C'est un éventuel bouleversement de tout l'équilibre des écosystèmes et de la biodiversité qui est en jeu...
Les OGM.... un peu trop de problèmes à mon sens...
02:17 Publié dans OGM - Agriculture biologique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ogm




